samedi 4 février 2017

BILLET DU JOUR

BILLET DU JOUR


Bonjour.
Chaque jour nous apporte quelque chose de nouveau.Souvent ce sont des nouvelles délirantes, ce qui nous change des tracasseries et des jasements journalistiques en mal et en carence de matière à offrir à une pseudo-clientèle. D’autres fois ce sont des informations d’ordre catastrophique qui nous conditionnent le mauvais augure de la journée, voire des prochains jours.
Je parle d’une supposée clientèle car celle-ci, nous en l’occurrence, est conditionnée au goût du jour, afin d’en consommer les produits émis à travers les media, et qui doivent à leur tour être rentabilisés coûte qui coûte.
Des informations suggestives d’assombrissement et de tristesse agissent sur notre système nerveux et influent sur le reste de notre organisme, le rendant malade, dépressif, allergique et symptomatique. Des informations telles celles relatant un tel ou tel autre attentat, la chute d’un avion, un accident de voiture, une avalanche… et tant d’autres cas similaires ne sont point de nature à nous rendre d’une gaîté délirante et euphorique.
Malheureusement nous ne pouvons nullement nous passer de la consommation de ces soi-disant biens, car nous en avons besoin pour notre convivialité et le partage de nos données avec autrui. Si nous restions isolés, il est certain que nous serions protégés par un bouclier, une carapace, qui nous garderait des méfaits dévastateurs d’une sensibilisation auto-suggestive. Mais nous ne pourrions pas vivre éternellement dans un tel enfermement parce que nous en deviendrions une autre catégorie de victimes, victimes d’une solitude qui nous rendrait inaptes, nous handicaperait et nous aliénerait pour le restant de nos jours.
Ceci est pareil pour toute autre matière, pas exclusif à la presse. Nous devons toujours rester ouverts et réceptifs à l’extérieur malgré les risques encourus. Car à la fin nous ne sommes que des humains avec toutes nos qualités et avec tous nos défauts; ni plus ni moins. Nous ne demandons point d’avantage, parce qu’il nous faut rester simples et honnêtes avec nous mêmes, ne point nous croire supérieurs, au-dessus du lot, piocher dans l’étagère d’au-dessus où ce n’est pas notre place.
Quoiqu’il en soit, il est impossible à un être humain de vivre une autarcie urbaine et individuelle, car nous ne vivrions pas longtemps sans l’appui d’autrui, sans un système qui nous permet de vivre socialement, ne fut-ce que pour la nourriture et l’habillement. Il est bien beau de nous dire que nous n’avons besoin de personne, ainsi que nous l’entendons maintes fois, mais encore faudrait-il pouvoir le faire: peine perdue, pleine utopie, malheureusement, - ou plutôt heureusement, cela dépend de notre point de vue, de nos conception des choses. Mais ceci nous ne le proférons, heureusement que lorsque nous sommes en état de tension nerveuse, accablés par une longue journée de travail ou par une contrariété occasionnelle et passagère. Là nous ignorons totalement ou passagèrement l’état des choses, ignorons même ce que nous disons parce que nous sommes dans une espèce d’état de choc qui nous extrait tout le mal accumulé dans notre subconscient.



Ceci n’est pas une leçon philosophique ni une leçon de morale: laissons cela aux gens compétents, aux experts, aux professionnels. Soyons humbles et disons-nous cependant que nous aussi avons autant le droit à la réflexion, que ces dames-messieurs-là. Il n’y pas que les professionnels des lettres qui ont le droit d’écrire et de raconter leurs déboires journalistiques au quotidien, parce que nous aussi, nous existons, que nous aussi pouvons raconter de choses, que nous aussi nous pouvons penser, parler, écrire librement.

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