BILLET DU JOUR
Bonjour.
Chaque jour nous apporte
quelque chose de nouveau.Souvent ce sont des nouvelles délirantes,
ce qui nous change des tracasseries et des jasements journalistiques
en mal et en carence de matière à offrir à une pseudo-clientèle.
D’autres fois ce sont des informations d’ordre catastrophique qui
nous conditionnent le mauvais augure de la journée, voire des
prochains jours.
Je parle d’une supposée
clientèle car celle-ci, nous en l’occurrence, est conditionnée au
goût du jour, afin d’en consommer les produits émis à travers
les media, et qui doivent à leur tour être rentabilisés coûte qui
coûte.
Des informations
suggestives d’assombrissement et de tristesse agissent sur notre
système nerveux et influent sur le reste de notre organisme, le
rendant malade, dépressif, allergique et symptomatique. Des
informations telles celles relatant un tel ou tel autre attentat, la
chute d’un avion, un accident de voiture, une avalanche… et tant
d’autres cas similaires ne sont point de nature à nous rendre
d’une gaîté délirante et euphorique.
Malheureusement nous ne
pouvons nullement nous passer de la consommation de ces soi-disant
biens, car nous en avons besoin pour notre convivialité et le
partage de nos données avec autrui. Si nous restions isolés, il est
certain que nous serions protégés par un bouclier, une carapace,
qui nous garderait des méfaits dévastateurs d’une sensibilisation
auto-suggestive. Mais nous ne pourrions pas vivre éternellement dans
un tel enfermement parce que nous en deviendrions une autre catégorie
de victimes, victimes d’une solitude qui nous rendrait inaptes,
nous handicaperait et nous aliénerait pour le restant de nos jours.
Ceci est pareil pour toute
autre matière, pas exclusif à la presse. Nous devons toujours
rester ouverts et réceptifs à l’extérieur malgré les risques
encourus. Car à la fin nous ne sommes que des humains avec toutes
nos qualités et avec tous nos défauts; ni plus ni moins. Nous ne
demandons point d’avantage, parce qu’il nous faut rester simples
et honnêtes avec nous mêmes, ne point nous croire supérieurs,
au-dessus du lot, piocher dans l’étagère d’au-dessus où ce
n’est pas notre place.
Quoiqu’il en soit, il est
impossible à un être humain de vivre une autarcie urbaine et
individuelle, car nous ne vivrions pas longtemps sans l’appui
d’autrui, sans un système qui nous permet de vivre socialement, ne
fut-ce que pour la nourriture et l’habillement. Il est bien beau de
nous dire que nous n’avons besoin de personne, ainsi que nous
l’entendons maintes fois, mais encore faudrait-il pouvoir le faire:
peine perdue, pleine utopie, malheureusement, - ou plutôt
heureusement, cela dépend de notre point de vue, de nos conception
des choses. Mais ceci nous ne le proférons, heureusement que lorsque
nous sommes en état de tension nerveuse, accablés par une longue
journée de travail ou par une contrariété occasionnelle et
passagère. Là nous ignorons totalement ou passagèrement l’état
des choses, ignorons même ce que nous disons parce que nous sommes
dans une espèce d’état de choc qui nous extrait tout le mal
accumulé dans notre subconscient.
Ceci n’est pas une leçon
philosophique ni une leçon de morale: laissons cela aux gens
compétents, aux experts, aux professionnels. Soyons humbles et
disons-nous cependant que nous aussi avons autant le droit à la
réflexion, que ces dames-messieurs-là. Il n’y pas que les
professionnels des lettres qui ont le droit d’écrire et de
raconter leurs déboires journalistiques au quotidien, parce que nous
aussi, nous existons, que nous aussi pouvons raconter de choses, que
nous aussi nous pouvons penser, parler, écrire librement.
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