Arco iris Arc en ciel Rainbow Couleurs de la nature. Le noir et le blanc sont aussi beaux, Car couleurs de race pure.
mardi 10 janvier 2012
Vagabond
À part ses vêtements, François ne possédait rien d'autre. Ah ! si : son petit chien qui le suivait partout où il allait. Enfin, si l'on parle d'une possession, car cet animal était un vrai compagnon de route pour lui. Avec la fidélité en plus, ce qui n'est que rarement le cas avec un être humain.
Ce "clébard", je dirais plutôt ce pauvre animal, était d'une intelligence insoupçonnable, car son aspect de bâtard et affreux, faisait plutôt penser à quelque chose sans cervelle, qu'il ne faisait que suivre son maître aussi miséreux que lui. Or il avait maintes fois sorti François des plus fâcheuses situations, notamment en faisant fuir des agresseurs qui voulaient lui voler les quelques rares pièces de monnaie qu'il trimbalait quelque fois dans ses poches. Une fois même, François était attaqué par des voyous qui voulaient le frapper, pour le simple fait qu'il était un SDF et que cela ne plaisait guère aux assaillants ; son chient en mordu un alors au mollet, et il jappa tellement fort qu'il attira l'attention sur eux. Les voyous décontenancés, prirent alors la poudre d'escampette, déguerpissant aussi vite qu'ils étaient intervenus.
Ce jour-là, François était vraiment "fauché". Point le moindre centime en poche, son estomac était vide, il n'avait rien ingéré de solide depuis au moins quatre jours. Son chien, lui, il arrivait à se débrouiller comme tous les sujets de son espèce. Alors il se décida à mendier, choisissant pour cela un coin de rue bien propice à cette pratique nécessiteuse, dans une rue commerçante avec beaucoup de passants : il y en aurait bien une âme bien compatissante et généreuse qui s’apitoierait sur son triste cas éventuellement.
Alors qu'il battait le pavé depuis un bon couple d'heures, on entendit des coups de feu, suivis du strident cri d'une sirène à la voix ondulée. Le son d'une deuxième sirène tonna à son tour, d'une mélodie différente, suggérant qu'il s'agirait de la police. Puis, quelques hommes portant des masques affluèrent, coururent vers l'endroit où se trouvait François. Lui, apeuré, ce couvrit la tête avec une couverture sur laquelle il s'était installé afin de mendier dans un moindre inconfort.
Mais ce ne fut point le cas de son fidèle compagnon qui se croyant attaqué, se dit : "Au moins mourir dignement au champ de bataille" ! Alors se cramponnant sur ses pattes arrière, respirant à fond tout en prenant de l'élan, se jeta sur le fuyard qui était en tête. Ses complices tentèrent alors de neutraliser l'animal, mais il était déjà trop tard pour eux, ainsi c'est eux qui furent neutralisés par les policiers que les talonnaient.
Finalement, François et son fidèle compagnon eurent droit à un bon repas chaud, dignement mérité, ainsi qu'au remerciement des autorités et à tous les honneurs.
À partir de là, François continua toujours à faire la manche. Mais les policiers, ainsi que les commerçants du quartier, le regardent avec des yeux différents, n'hésitant point à leur adresser quelques mots de réconfort et d'encouragement. Et souvent ils lui viennent en aide, lui donnant du surplus et des produits qui ont peu de valeur commerciale.
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